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Retour Sur… Les Rencontres Extra-Ordinaires 2019-2020

Retour sur… les Rencontres Extra-Ordinaires 2019-2020

Cette année les Rencontres Extra-Ordinaires réunissaient 10 personnes en situation de handicap de la Maison d’accueil spécialisée Princesse Mathilde de Neuilly-sur-Seine et une classe de seconde d’aide à la personne du lycée professionnel Kandinsky. Si les ateliers ont dû s’arrêter au printemps, le travail a néanmoins porté ses fruits.

Les lycéennes – que des filles – étaient réparties en deux groupes de 12 élèves. Chacun devait participer à 5 ateliers dits « inclusifs » d’octobre à mai auprès des adultes de la MAS. Ces derniers, résidents ou en accueil de jour et accompagnés par l’association depuis 8 ans, avaient également des ateliers indépendants.

La représentation publique prévue à l’issue de deux derniers ateliers communs en mai n’a pas eu lieu. Mais 20 ateliers, dont 6 inclusifs, ont tout de même été réalisés depuis septembre 2019.  Et les bénéfices sont identifiables pour tous.

Rendre visibles

La plupart des résidents de la MAS ont une infirmité motrice cérébrale. Ils sont en fauteuil roulant et ont, pour quelques-uns, des possibilités de mouvement réduites et/ou des problèmes de locution. Ils ont alors recours à des solutions originales comme la synthèse vocale à reconnaissance oculaire ! Les ateliers contribuent donc d’abord à leur évolution motrice et/ou cognitive.

Mais les Rencontres Extra-Ordinaires existent aussi dans le cadre d’une volonté d’ouverture et de sensibilisation au handicap, que la MAS de Neuilly-sur-Seine a une nouvelle fois soutenu, en tant que principal financeur. Le projet veut rendre le public en situation de handicap plus visible socialement, grâce à un spectacle ouvert au public.

Quant au dialogue entre « handicapés » et « valides » au cours des séances inclusives, il aide à rompre l’isolement et créer du lien social. Les ateliers de théâtre et de danse donnent à tous des outils d’expression supplémentaires et permettent de gagner en confiance !

S’adapter

Cette année ce sont Elisa Facco puis Sabina Borelli, pour la danse, et Debora Di Gilio, pour le théâtre et la gestion de projet, qui leur en ont donné les moyens. Avant chaque édition les intervenantes effectuent un travail préparatoire important pour s’adapter aux capacités motrices et cognitives des jeunes de la MAS. Elles profitent pour cela des bonnes relations établies avec la structure et ses personnels depuis des années.

Mais elles doivent aussi s’adapter aux élèves du lycée : « Grâce à l’expérience, nous arrivons plus rapidement à réajuster le contenu de nos ateliers selon le profil des élèves. Chaque groupe est différent et malgré les constantes, il faut prendre en compte les variables aussi chez les élèves du lycée », explique Debora. Leur professeure principale y participe activement.

Les intervenantes travaillent sur la compréhension du mouvement, l’écoute et la création. Des jeux, pour apprendre à connaître l’autre en respectant cependant sa singularité. Des exercices de manipulation où le corps devient marionnette entre les mains des partenaires. En somme, il s’agit pour toutes et tous de rechercher un espace commun où chacun puisse trouver sa propre « voie ».

Faire place

Après des débuts timides les lycéennes ont fait preuve d’une motivation et d’une ouverture d’esprit croissantes. « J’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de cette rencontre. Ces jeunes filles ont une vitalité que certaines parviennent à exprimer à travers les ateliers. Cette vitalité me nourrit et je suis heureuse quand je les vois curieuses de l’autre. » Jusqu’à établir des relations plus faciles avec leurs partenaires de la MAS.

En retour ceux-ci ont démontré leur disponibilité et leur capacité d’adaptation en accueillant deux groupes différents lors des séances « inclusives » tout en menant leurs propres ateliers. Voire un certain professionnalisme quand, forts de leur expérience, ils aident les lycéennes à faire les exercices proposés. Preuve qu’on peut faire du théâtre – et du bon ! – même sur un fauteuil roulant et avec une mobilité réduite.

Pour les lycéennes, en formation d’aide à la personne, il a fallu accepter l’autre et ses spécificités. « Parfois, nous avons remarqué une difficulté d’écoute réelle. Il peut arriver que certaines élèves soient dans une « relation d’aide ». Elles font à la place, et non avec nos élèves en situation de handicap ». Avec, comme ultime objectif, réussir à faire place.

Vers un nouveau spectacle

C’est pour cette raison que les intervenantes ont opté pour un programme axé sur la manipulation et la liberté. « Nos participants en situation de handicap sont souvent manipulés, pour les soins, pour des gestes quotidiens comme s’habiller… Comment faire, alors, pour qu’ils se sentent sujet et non objet ? »

Pas étonnant, donc, qu’après trois derniers ateliers d’improvisation autour du Pinocchio de Carlo Collodi les résidents de la MAS souhaitent consacrer plus de temps à la création théâtrale. L’œuvre évoque les thèmes de la manipulation, du rapport à la « normalité » et de la liberté…

Les prochaines Rencontres Extra-Ordinaires développeront donc cet élan créatif avec, espérons-le, un nouveau spectacle ! L’association cherche déjà des partenaires pour soutenir le projet l’année prochaine.

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